— Ton nom.
— Stéphane.
— Tes lèvres maintenant.
Amusé, Stéphane obéit. Rémi ferme les yeux. Un cri traverse la mince cloison. D’autres en sont déjà à jouir. Il n’écoute plus.
Stéphane lui mordille la lèvre supérieure. Rémi lui happe celle du bas. Doucement, s’ordonne-t-il. Les nez s’effleurent ; les souffles piaffent. Émietter son désir comme si c’était du sable. La première salive est bonne. Son moment préféré, lorsque les attouchements s’en tiennent au protocole et que l’imagination galope déjà au-delà du territoire conquis par les mains.
— T’es beau, dit Stéphane.
— Ce n’est rien, tu ne m’as pas vu tout nu.
Stéphane rit.
— Je peux ?
— Nous sommes là pour ça…
Stéphane dénoue la serviette de Rémi, puis défait la sienne. Doucement, se dit-il encore. Il referme les yeux et tend les mains vers le visage de Stéphane, qui s’approche. En aveugle, il en explore les traits. Stéphane se laisse faire en glissant, pour toute réponse, sa main sur le torse de Rémi.
Une cadence s’installe, faite d’appels suggestifs, d’apartés silencieux et d’invitations timides mais honnêtement grivoises. Pas de bobards.
Rémi prête l’oreille aux bruits confus du sauna : des rires, étouffés par le labyrinthe des cloisons et des corridors, des portes que l’on ferme, encore des rires, aussi de la douleur, gavée et orgiaque. Il perd lentement pied, se raccroche aux caresses devenues pressantes de son compagnon ; il en oublie le sauna qui, comme une huître sur sa perle, se rabat sur les passions de ses locataires.