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De l’élargissement du pénis

21 février 2012

On pourrait comparer le phénomène à ces débris satellitaires qui polluent les strates lointaines de l’atmosphère terrestre et qui se voient interdire leur passage kamikaze vers la surface par de subtils filtres protecteurs, similaire à une couche d’ozone et qui, comme elle, possède ses failles et ses trous.

Ces détritus se font refouler par les vents Internet vers les cellules délicates des serveurs de courriers. Ils prennent la forment de promesses de richesse ou de plaisir, et les plus nombreux sont probablement ceux qui vantent les mérites de tel élixir ou tel appareil à contrer la petitesse du pénis.

Comme la protection contre les spams n’est pas parfaite, je me dois de jeter un œil rapide sur la longue liste quotidienne de ces scories reçues afin de sauver du filet un éventuel courriel valide. Heureusement, les outils de protection sont de plus en plus fins et l’examen est de courte de durée. On étouffe vraiment dans cette zone sordide.

Ce type de spam n’est d’ailleurs probablement plus la méthode de prédilection des charognards de la naïveté. Et pourtant, tels les déchets persistants d’un tsunami errant sur les océans, ils viennent heurter les côtes de nos serveurs. Il n’y a peut-être plus personne à l’autre bout de la cane à pêche et les poissons mordent à des hameçons dénudés ou rouillés.

On se demande, quand même. Cette histoire d’élargissement du pénis est persistante. Soit le mâle est naturellement et bêtement, inutilement complexé, soit la femelle requiert un format, un minimum vital qui manque à ces messieurs.

Il n’y aurait donc pas de fumée sans feu, même si pour mettre le feu à de la paille, la taille du bâton n’est pas un critère.

Mais encore, si le bruit court ainsi, si on ne cesse d’envoyer des fusées en l’air, quitte à en saturer l’atmosphère du désir, c’est qu’il doit bien y avoir là un vrai problème, un petit quelque chose et que toute l’histoire de l’humanité tournera toujours autour de celui qui a la plus grosse.

Hum.