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Les douze royaumes

31 décembre 2011

C’est une idée qui germe depuis fort longtemps. Elle est issue d’un rêve. Je suis à l’intérieur d’une maisonnette glacée, j’ouvre la porte qui donne sur un extérieur hivernal, d’une tranquillité de petit matin, une brume étoilée accueille un soleil qui annonce une journée froide. Il y a une route devant la maison, qu’une haie masque partiellement. Une allée permet de l’atteindre. Je m’avance jusqu’à cette route, ouvre le portillon ceint par deux colonnes larges et basses. Un calme apaisant règne. Je me tourne vers la maison. Je semble seul. Aucun voisinage, une maison perdue sur une route qui ne parait pas avoir de direction d’autant qu’elle bifurque rapidement, et des deux côtés, dans la forêt d’en face.

En refermant le portillon, je remarque les deux colonnes de glace. Elles sont exagérément larges. Et on y voit au travers. Dans chacune de ces colonnes, un corps pétrifié.

J’ai fait ce rêve il y a bien vingt ans. J’y ai vu l’amorce d’une aventure dans un univers fantasmagorique. J’imagine cet univers composé de douze royaumes se partageant une île circulaire, à l’horizon oblique, comme si elle s’enfonçait, tel un navire échoué, dans les abîmes d’un océan tempétueux.

J’ai également imaginé cette île tourner, de temps en temps, avec fracas, comme si elle était mue par un mécanisme d’horlogerie défaillant. Les douze mondes qui occupent cette île sont en déclin. Ils pourraient chacun posséder les couleurs d’un signe du zodiaque.

Hier soir, parmi les multiples fenêtres de mes rêves, j’ai repensé à ces mondes. Je ne sais pas encore quoi en faire. Quelle pourrait en être l’aventure. J’ai toutefois le goût de l’écrire. Je tends l’oreille. Il faut suivre écouter ses rêves, dit-on. Les miens sont très bavards et parlent tous en même temps. Je finirai bien par comprendre quelque chose à leur charabia.