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Passé, futur, présent

13 mars 2012

Visite annuelle chez le médecin. Anlayse des diverses composantes répertoriées, constatation des pertes subies, la machine vieillit, lentement, inexorablement comme le fredonne l’adage.

Il faudra augmenter la dose de certains médicaments afin de contrôler ceci, cela, il faudra réduire sa consommation d’alcool, déjà peu élevée, éviter les choses trop grasses, se contenter de moins de plaisirs alimentaires, ne pas trop travailler, ne pas trop se fatiguer. Saturne, le dieu de la vieillesse, impose ses règles. Tu avanceras en âge si tu relativises les gourmandises offertes à la jeunesse.

Encore heureux d’être tout de même en bonne santé, encore chanceux de ne visiter le médecin que pour la vieillesse routinière. Je connais le passé de mes ancêtres, je pourrais projeter mon futur puisque, statistiquement parlant, je me dirige vers les dérèglements congénitaux. Mais mon futur ici se brouille. On meurt d’à peu près n’importe quoi et à tout âge parmi la génération précédente. J’envie en secret les gens qui vivront jusqu’à cent ans, les yeux encore clairs et l’appétit qui ne les fera pas grossir. Mais là s’arrête la comparaison. Comme ni le passé ni le futur ne me sont d’un bon secours, autant me rabattre sur ce présent qui me fuit entre les doigts. S’il faut placer avant toute chose l’importance sur sa santé, rien ne sert d’oublier que le bonheur prend sa source dans le plaisir de vivre. Et, de ce côté, l’abondance règne, puisque les heures s’offrent à moi comme autant de généreuses sirènes.

J’ai des choses à faire, certains diront que cela occupe mon esprit. On peut tout dire, tout interpréter, surfer sur des analyses plus implacables encore qu’un sermon de médecin. On peut s’asseoir confortablement sur les lauriers déjà très fanés du passé, saliver maladivement sur les promesses du futur toujours plus jeune que nous. On peut, plus courageusement, s’habiller de la simple chasuble du présent et vivre ce que l’on est, comme un dévot soumis à ce qu’il ne comprendra jamais.

De cela j’en fonde mes certitudes. Je marche sur un océan de possibilités.