en

Vésanies

24 décembre 2020

Mon univers me suffit, il me semble, bien que cela soit une illusion. Si j’arrive à être seul la plupart du temps, entre les quelques mètres cubes d’un appartement montréalais, je n’en suis pas moins attaché à tout un chacun, aux mélodies choisies glissant sur Internet jusqu’à mes oreilles, à mes amis, à ma famille ainsi qu’aux nombreux collègues de bureau avec qui je gagne salaire et construis châteaux programmés.

Mais je me contente de mon univers, au final. Seul moi peux le respirer, l’interpréter. Des gouttelettes se forment sous le couvercle d’une mijoteuse, un univers étoilé se dessine sur une tôle à rôtir immergée, qu’à cela ne tienne, j’y vois des étoiles, des alvéoles d’invisibles abeilles.

Je me satisfais de ma folie et je m’en inquiète. Elle me pousse à un romantisme silencieux, à respirer la présence des autres comme si tout cela était un miel d’une seule saison. Cette même et imperturbable folie me pousse à croître que je pourrais habiter entre des murs espagnols, andalous.

J’ai longtemps voulu être célèbre, j’en suis à glorifier les vésanies, à m’enrober de pensées sucrées et à dormir de plus en plus, amolli par le rêve, les fantasmes, peut-être après tout, par la naïveté de vouloir à tout prix être heureux.