EN
Les Années-rebours

Dans l’œil du cyclone

— Quelle journée, j’ai les pieds en feu !

— Mais t’as de belles robes, Lucienne !

— J’ai jamais autant dépensé !

— Tu es contente ?

— Ça se dit pas !

— Tu veux une limonade ?

— Ça serait ben fin.

— Va t’étendre sur la chaise longue, ça ne sera pas long.

Il revient avec deux grands verres.

— Merci, mon garçon. Deux pailles en plus ; c’est le gros luxe !

— J’aime ça, quand tu m’appelles ainsi, « mon garçon ».

— T’as pas connu ben, ben ta mère, toé.

— Eh non.

— Comment va ton père ?

— Je lui ai parlé hier soir au téléphone. Il commence à en perdre.

— Ton frère Marcel est venu, la semaine passée, nous voir.

— Ah bon ?

— Il a réparé une clôture. Luc n’avait pas le temps, trop occupé au studio.

— Parlant de Luc…

— Non, ne dis rien. Pas la peine.

— Tu ne veux pas connaître mon point de vue ?

— Ton point de vue, c’est le cul.

— T’es méchante.

— J’ai pas raison ?

— Honnêtement, non. Y a de ces hommes que l’on voudrait garder pour soi, même s’ils ne seront jamais à nous. Luc fait partie de ceux-là. Ce n’est peut-être qu’une illusion, que le cul, comme tu dis, mais ça me plaît de penser autrement.

Rémi attend l’orage, qui ne vient pas.

— Tu ne veux pas me gronder ?

Lucienne ricane, se prend une bonne gorgée de limonade.

— Elle est bonne, tu sais faire.

— Pourquoi tu ne veux pas me gronder ?

— Coudonc, tu charches le trouble ? Y a rien à dire, mon garçon. T’as été juste l’allumette qui a reparti le feu.

— Reparti ?

Elle défait son chignon.

— Faudrait bien que je coupe ces cheveux-là, c’est ben trop chaud en ville.

— Je connais un beau coiffeur.

— Y’é tu bon au moins ?

— Oui, oui !

— T’as couché avec ?

— J’ai pas couché avec tout le monde.

— T’as couché avec ?

— Ben oui.

— Pourquoi tu fais ça, Rémi ?

— Tiens, je sens que tu vas me gronder.

— Sois sérieux !

— Toi et moi, on se ressemble, tu sais.

— J’ai pas couché avec tout le monde !

— Moi non plus !

— Moé, j’ai jamais eu de mari !

— Mais t’as pris celui des autres !

— Ben, c’est toé qui me grondes, maintenant !

— Tu me comprends ?

— Non ! Moé, j’étais grosse pis complexée. Toé, t’as toujours eu l’air d’un demi-dieu.

— T’exagères.

— T’es beau garçon, avoue-le !

— J’ai mes charmes.

— Mets-en ! On a juste envie de savoir si tu bandes aussi ben que tu souris. T’agis juste en enfant gâté.

— Peut-être…

— Un peu de rigueur, ça ne te ferait pas de tort.

— Tu vas finir par me gronder.

— T’attends juste ça ?

Elle se radoucit.

— Ton Irène, là. Je l’aime bien. Elle est un peu bizarre ; elle a pas ta force, c’est sûr.

— Ma force ? Elle est surtout malade.

— Je sais, elle me l’a dit. J’pensais que c’était juste les tapettes qui avaient ça.

— Une bonne portion de l’Afrique fut infectée, un certain temps, peut-être plus qu’ici !

— Ah ? Pas chanceuse, tout de même, aveugle, séropositive, c’est ça qu’il faut dire ? Tout lui tombe dessus, coudonc ! Pis a’ semble aimer l’alcool comme trois. A’ va s’achever. Ma sœur Prudence était comme elle. A’ y allait fort su’l brandy ! A’ voulait oublier son mariage, qu’a’ disait. Est morte d’un coup, quarante ans, le foie comme une éponge. Entécas. Au moins, est belle, la Irène, pis a’ l’écrit ! C’est Astrida qui va être contente de savoir ça ! A’ doit la connaître, a’ lit tous les romans Harlequin.

— Astrida ?

— Une cousine.

— Elle n’a pas pensé changer de nom ?

— Pourquoi ? C’est beau, Astrida !

— Ok, ok. Pour en revenir à Luc…

Lucienne sirote sa limonade avant de lui sourire et de lui lancer un clin d’œil complice.

— Tu l’aimes, toé, hein, le beau Luc avec ses pectoraux de jouvenceau ?

— Ben gros.

Elle se penche vers lui, un regard de jeune fille émoustillée.

— Il fait-tu ben l’amour ?

— Mets-en !

Elle soupire en se redressant, contentée.

— Marie-Claire est chanceuse… Moé, j’ai pas eu souvent du bacon à mettre autour du bâton !

— Je la retiens, celle-là, elle est bonne !

— Ben quoi ! glousse-t-elle. Entécas… Pis Victor, là-dedans ? Il ne revient pas à soir.

— Je crois pas. Il est parti régler une succession.

— Quelqu’un qu’on connaît ?

— C’est dans les terres, pas loin de chez vous. Un artiste hollandais.

— Ah… Pourtant, les étrangers, on connaît ça, d’habitude. Ah ! Je voé c’é qui. Il a marié la fille des Pouliot, t’sé, celle qui a des gros seins.

Rémi rigole.

— Non, désolé, je suis parti depuis trop longtemps de la place pour me rappeler des mensurations des filles !

— Ben voyons donc, une paire de boules comme ça, ça s’oublie pas ! Et je suis certaine que tu te rappelles tous les p’tit gars de la place.

— Même pas, Lucienne. Sauf un, peut-être. Il jouait du badminton, j’étais son moineau.

— Ah bon ? T’as commencé ça jeune ?

— Deux secondes après avoir éjaculé pour la première fois !

— Menteur !

— La vérité n’est pas loin… Bref, le beau Gaston Frenette est maintenant marié, quatre enfants.

— Pas le garçon à Osias Frénette ! s’exclame Lucienne.

— Frenette, Lucienne, pas Frénette. Eh oui… le beau Gaston. Mais c’est normal, à cet âge-là.

— Mon Dieu…

— Dis pas ça à personne, là…

— À qui tu voudrais que je dise ça…

— À l’Association de la Rumeur de Saint-Gouin-Gouin. Tout le village fait partie du club.

Elle rit.

— Pour ça…

— Pour revenir à Victor, il revient demain. Il est parti avec Mario.

— Qui c’é c’lui là ?

— Son amant ?

— Ben voyons donc ! Dis-moi pas ! Vous en êtes rendus là ?

— J’espère que ça ne t’étonne pas…

— T’es en effet le premier à qui la faute revient.

— Je ne veux juste pas manquer le bateau.

— Avec qui, mon garçon ?

Il hésite un peu. Il sait que cela sortira de travers, que Lucienne ne comprendra pas.

— Victor, Luc, Stéphane.

— Stéphane ? Coudonc, y en a combien comme ça ?

— Un gars que j’ai rencontré, dans un sauna.

— C’est tout ?

— Ben oui.

— J’te comprends pus. Y en a d’autres ?

— Il se pourrait. C’est vaste, Internet.

— Quoi ?

— Internet ? Va falloir que je fasse ton éducation, toi.

— J’sus pas sûre… Pis mon éducation a été faite avant même que tu te promènes dans les couilles de ton père.

— Mais si, tu aimeras. Tu pourrais communiquer en direct avec Marthe.

— Tiens, elle est pas morte, elle ?

— Elle est partie faire le tour de l’Irlande.

— Pis faire le tour de la région d’icitte, ça y tente pas ?

— Elle te manque beaucoup ?

— Ben gros. Tu vois, je pensais la voir mourir, elle. Je pensais que je finirais mes jours dans son manoir. C’est tellement devenu compliqué avec Marie-Claire et Luc…

— Comment ? Pourquoi tu m’as dit, tout à l’heure, que j’avais reparti le bal ?

— T’es pas au courant de rien ? J’devrais p’têt’ pas dire…

— T’en as trop dit !

— Non, je suis pas encore rendue loin ! essaie-t-elle de protester.

— Allez, sors ta carte du club des commères !

Elle semble se résigner.

— T’es pas au courant ? Luc t’a jamais rien dit ?

— Ben non, regarde mes dix doigts, on s’est vus moins que ça.

— C’est vrai que c’est pas des choses qui se disent !

— Lucienne, accouche !

— Tu me promets de rien dire à personne ?

Il fait un signe de croix sur sa bouche.

— T’es pas croyant, ça compte pas.

— Lucienne, pour l’amour…

— Sophie, eh ben, elle est pas de Luc !

— Quoi !

— Un étudiant…

— Ah ben, ça ! Il n’a jamais rien dit !

— Tu parles ! Ils ont toujours été un peu olé, olé, ces deux-là. Ils ont l’air de rien, comme ça, mais ça n’a pas été long après que Marthe soit partie pour qu’ils invitent ben du monde à la maison. Pis ça fêtait fort ! Au début, je trouvais ça drôle, pis ensuite, je suis partie en Grèce. À mon retour, j’ai pas retrouvé le même couple. Ils semblaient fatigués, toué deux. Ç’a pas été long que Marie-Claire m’a raconté. Tu sais qu’elle héberge des étudiants, de temps en temps. Ben là, y un étudiant qui fut ben fringant, ben, ben fin et fringant avec elle.

— L’étudiant en question, il sait qu’il pourrait être le père d’une jolie fille ?

— Pantoute ! Tu penses ! C’est tout juste s’il savait prendre une bière ! Il va en rendre malheureuses, des femmes ! Un vrai Gigi l’Amoroso…

Elle tente d’imiter Dalida, mais voyant qu’elle n’y parvient pas, elle rajuste son corsage et soupire.

— Ça m’aurait même tenté, avoir été plus jeune. Tiens, j’ai lu ça dans Châtelaine. Une femme de quarante ans racontait qu’elle avait un amant, un jeune flo. A’ se souvenait pas que c’était si dur et…. (elle rit) durable à cet âge-là. A’ en perdait ses faux cils, j’te jure !

— Change pas de sujet. Et Luc, comment il a pris ça ?

Elle rit.

— Luc était dans le même lit qu’eux…

— Je vois le portrait.

Rémi éclate de rire, à son tour.

— Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, dit-il.

— Sophie n’était donc pas prévue, comme on dit.

— C’est une jolie jeune fillette.

— Ah, pour ça ! Mais elle n’est pas de Luc, elle a pas ses yeux, pis a’ sourit comme le beau Freddy.

— Freddy ! J’veux l’connaître, celui-là !

— Bof ! À tremper son crayon partout, le p’tit gars va manquer de mine bientôt, ou il tombera sur de la mauvaise graine, pis il mourra. C’est peut-être déjà fait. On l’a perdu de vue depuis l’temps !

— Mais il aura vécu et joui.

— Comme si tu ne jouissais pas, toé. Pis tu commences à prendre le bel âge.

— Et toi, t’as jamais pogné de maladie honteuse ?

— J’ai eu ma part de crabes, t’inquiète pas ! Mais j’ai été quand même chanceuse. J’ai été prudente.

— Il suffit d’une fois…

— Ben, vrai comme je t’parle, j’ai été chanceuse !

— Et ces deux-là, Marie-Claire et Luc, ils n’ont pas pensé faire un test d’ADN ?

— À quoi bon ? Luc y était. Et il m’a dit qu’il ne l’avait pas pénétrée ce soir-là. Mais remarque que ça veut rien dire. Le Freddy était là depuis un petit bout de temps, pis Luc était ben occupé au bureau… Et c’est là que les vrais problèmes ont commencé. Marie-Claire a toujours soupçonné Luc d’avoir revu le Freddy, même si Luc a toujours démenti. C’est pas mêlant, un moment donné, j’ai arrêté d’écouter Les Fleurs de l’amour à la télé, tellement ce qui se passait au manoir était plus intéressant !

Les Fleurs de l’amour ?

— Un ben bon téléroman américain, qui passe l’après-midi. D’ailleurs, j’sais ben pas ce qui est advenu du beau Harry…

— Laisse faire Harry, si on revenait au Bordel du manoir ?

— Ça serait pas un bon titre d’émission, mais c’est ben ce qui se passait là-bas ! Ils ont recommencé avec d’autres couples. Des échangistes, qu’ils disent. Luc était ben content, mais Marie-Cé commençait à se douter de quelque chose. Luc était souvent du même côté du lit que le gars… Enfin… Pis après ça, ce fut le désert entre eux deux. Une sorte d’accalmie, même de bonheur, je dirais. Tout allait bien, et les jumeaux en plus…

— On ne s’ennuie pas à la campagne.

— Y a pas de pays pour le cul. Pis, pourquoi ils ne l’auraient pas fait ?

— Je ne sais même pas pourquoi je pose la question.

— Moé je dis que c’est parce que personne ne peut vraiment refuser un Freddy dans son lit.

— Et moi, là-d’dans ?

— Quoi, moi ?

— Ben, tu semblais si choquée de ce que j’ai fait avec Luc.

— Coudonc, je vais penser que tu le fais exprès ! Tu vois pas ? Tout semblait être entré dans l’ordre…

— Mais Luc, l’an passé ?

— Tais-toé, Rémi, je ne veux plus le savoir. J’suis tannée, tannée, tannée.

— Fâche-toi pas…

Lucienne se lève, s’approche de la piscine, se penche laborieusement pour tester la chaleur de l’eau.

— T’as le goût de te baigner ? demande-t-il.

— L’eau est pas trop pire. J’haïrais pas ça, en effet, j’ai les pieds en feu.

— Eh bien, allons-y alors.

Rémi commence à se dévêtir.

— Tu vas pas te baigner tout nu ?

— Dis-le plus fort ! Ben non, mon maillot est dans la salle de bains.

Ils gravissent ensemble les escaliers menant à la maison.

— J’ai passé l’âge de voir des gars tout nus.

— Ben voyons donc.

— Tu verras, mon garçon. Quand t’auras mon âge, si tu te promènes tout nu, t’auras l’air d’un blasphème et t’auras honte. On va te donner des Valium pis un TV Hebdo pour que tu te concentres sur autre chose.

— Encore le regard des autres.

— Peut-être ben, mais c’est pas dans mon éducation, c’est toutte.

Lucienne va se changer. Rémi hésite, retourne sur le patio. Cobra est dans son bureau. La chaise du gros Émile trône toujours sur le toit du garage. De la lumière chez lui, des ombres dans la cuisine. Émile sort, une bière à la main, puis disparaît sur son terrain. Quelques minutes plus tard, il réapparaît sur le toit, s’assied. On entend la décapsulation de la bouteille de bière. L’air de ce début d’août est pur, favorise la transmission. Émile a-t-il tout compris ? À son tour, Irène sort sur le patio, en riant, suivie d’un inconnu. L’homme aperçoit Rémi, glisse un mot à l’oreille d’Irène, qui se tourne vivement vers lui.

— Bonsoir, beau voisin ! Vous vous joignez à nous ?

— Non, merci, Lucienne et moi allons faire une saucette dans la piscine.

— Très bien !

Ils descendent. Rémi les perd de vue bien que leur conversation modulante lui parvienne. Il jette un œil en direction d’Émile. Il ne doit pas s’ennuyer, celui-là.

Il pense à Luc, son Freddy à lui, puis à Marie-Claire. Des atomes qui s’accrochent et se fusionnent, pour ensuite exploser. Une danse de marionnettes ? L’amour n’est pas au rendez-vous. L’autre nuit, Luc cherchait un expédient, un sauna ; il a trouvé le corps de Rémi. Pratique, beau, bon, pas cher, expérimenté. Il s’est servi. Bonheur bourgeois. Ou bonheur de pauvre.

Lucienne réapparaît, vêtue d’un maillot noir.

— T’es pas encore en costume de bain ?

— Mais tu es jolie dans ce maillot !

— Dis pas de niaiseries.

— Je suis sincère. Reste pas trop à la vue du gros Émile, là, sur son garage, tu vas l’exciter.

— Qui ? Misère du saint Ciel, qu’essé qu’il fait là, lui ?

— Il reluque tout le monde, il n’est pas méchant.

— Maudits hommes !

— Allez, va te saucer, j’arrive.

De retour, il trouve Lucienne sur le bord de la piscine, immobile.

— Qu’est-ce qui se passe ? dit-il, en la rejoignant.

— Je suis fatiguée, Rémi. Je pense à Dimitri.

— Faut pas.

— Pourquoi donc ? C’est un des plus beaux souvenirs de ma vie.

— Faut pas se faire de peine, je veux dire.

— Se faire de la peine, ça enlève le trop-plein qui est en dedans. Ça fait sortir le méchant.

— Qu’est-ce qu’il y a de méchant en toi, ma bonne dame ?

— Le vide ?

— Un grand mot que celui-là !

— Ben quoi, j’ai pas ton éducation, mais je suis capable de dire les choses comme elles sont !

— Ne te fâche pas, j’étais sérieux.

— Ah, excuse-moi. Bon, on y va-t-y dans l’eau ?

Il plonge le premier. Quand il remonte à la surface, Lucienne est dans la piscine ; elle sourit.

— Ma foi, tu flottes !

— Dis donc pas de niaiseries. Pis regarde-moé ben aller.

Elle nage lentement, très agile.

— Avant ça, dit-elle un peu essoufflée, je flottais comme pas une, c’est au moins ça d’acquis pour les gros.

Elle se place sur le dos. Il l’imite, l’accoste. Ils regardent le ciel à peine éclairé.

— C’est pas le ciel de la campagne ! dit-elle.

— Non, et pas le ciel de bien des endroits.

— C’est pas grave.

— Non.

— Je vais bien dormir à soir.

— Chanceuse.

— T’as des insomnies ?

— Parfois. Demain, de retour à la boulangerie.

— J’ai hâte.

— On n’ouvre que dans trois jours.

— J’ai hâte pareil !

— Moi aussi, j’ai hâte.

Rendus au bord de la piscine, ils se redressent. Lucienne lui tend les bras.

— Viens ici, mon garçon.

Il s’avance. Elle lui prend la tête et, comme à son habitude, lui embrasse le front. Elle sort de l’eau.

— J’ai oublié de prendre une serviette !

— Prends la mienne, je reste un peu dans la piscine.

— Je vas aller me coucher.

— Bonne nuit, Lucienne.

— Bonne nuit, mon garçon. Pense pus à Luc, ok ?

— C’est ça qui est ça.

— Ben c’est ça.

Une fois Lucienne rentrée, Rémi se remet sur le dos et regarde le ciel. Il sait que, s’il n’y prenait pas garde, l’eau pourrait l’attirer vers la mort. Amie à deux visages. Il est heureux. Le bon baiser de Lucienne a l’effet d’une bénédiction sur lui, une impression de contentement, d’avoir, pour un temps, retrouvé ses racines.

Après quelques minutes à se laisser flotter, il sort de l’eau. Comme Lucienne est partie avec sa serviette, il se laisse sécher en se promenant. Le silence chez Irène l’intrigue. Ils seraient rentrés sans qu’il s’en aperçoive ? Il s’approche de la haie. Quelques lampions, sur une table, une bouteille de vin. Puis un gémissement ; il aperçoit les deux silhouettes sur la chaise longue, près de la haie. Il s’éloigne et monte à son bureau.