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Le contrepoint

8 juin 2012

Ma fenêtre donne sur la rue principale. C’est temporaire, car ma réelle chambre à coucher est en travaux. Je me réveille ainsi avec la reprise des activités urbaines, l’accroissement du trafic, les multiples tintamarres qui n’ont rien de contestataire.

Ce bruit ne me dérange guère ; j’ai le sommeil de nature profond et ronfle à qui veut l’entendre mon désir de rester inconscient.

Quand, enfin, mes esprits reprennent leur air et qu’ils remontent ainsi à la surface du jour, mon oreille capte aussitôt le contrepoint d’un oiseau, peut-être une femelle s’activant autour de son nid, peut-être un mâle en mal de se reproduire.

Le chant est simple, une mélodie descendante, entrelacée de variations plus ou moins régulières.

Les voitures vont, les camions bruissent, les enfants crient, les moteurs étouffent, les portes claquent. Et puis, un silence relatif, et puis les notes de l’animal vite noyées de nouveau par un océan de sons.

N’est-il pas plus belle certitude que de se taire pour écouter ?