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Palimpseste

5 janvier 2013

Mon esprit... j’ai l’impression de le retrouver, à chaque réveil, blanc et sans mots, un désert de rêves asséchés, pesamment immobiles, roulés en dunes souples et asphyxiantes. La page est vierge, stérile comme un cliché, le jour est bleu, froid, un hiver qui a neigé. Ce ne sont que des illusions d’écrivain. Au dehors, la ville est toujours aussi nerveuse, des oiseaux grelottent et font avec le vent. Si j’agrandis le cercle de ma géographie, je me heurterai aux écueils d’une vie courante, d’une eau de canyon. L’univers est tout sauf un silence.

Mais assis en ce moment, dans mon lit, le dos contre des oreillers, le corps qui aimerait se rendormir, les pensées annihilées, cimentées dans une attente palimpseste, cloîtré ainsi dans un confort vieillissant, je me contente de respirer.

L’oxygène, dans mes poumons, le sang dans mes veines, ces mots dans mon imaginaire, attendent, ronronnent. J’entends des pas dans ma mémoire. Quelque chose s’approche, puis s’immobilise, semble faire demi-tour. Comme s’il ne fallait pas déranger les espoirs.